Routes et chemins

Je ne sais plus dire comment ça a commencé, mais l’achat de mon premier gravel marque un tournant fondateur. Jusqu’à ce moment-là je faisais du vélo de route. Passer dans les chemins a permis d’allonger ma liste d’itinéraires et de me procurer une dose d’aventure.

On peut très bien partir en aventure sur route, mais les cinquante bornes du dimanche matin font rarement frissonner le cycliste habitué. La route est trop lisse, mais on ne lui en veut pas, c’est sa raison d’être. Le chemin quant à lui est déjà un peu plus résistant et se prête au jeu.

Déviation hors piste

Continuité logique : le VTT. Jamais je n’ai été chahuté par un sport à ce point auparavant. L’adaptation a été longue et douloureuse et je dirais que le VTT m’a occasionné plus de galères qu’il ne m’a procuré d’aventures ; mais il a eu le mérite de m’introduire au sentier. Ainsi, le terrain de jeu s’est massivement étendu.

Puis, à force de me faire dépasser par des coureurs sur la montée du GR5 au départ de Nice, l’idée du trail s’est installée dans mon esprit. Dernier obstacle à la transition : un syndrome de l’essuie-glace, vieux d’une quinzaine d’années, jamais totalement traité.

Appel du sentier

Fin avril 2026, sur un coup de tête, je pars en courant à l’assaut du mont Chauve. Une heure plus tard, le genou a tenu et je suis au sommet. Jamais aucune activité physique n’avait fait naître en moi pareilles joie et sensation de liberté, malgré la modestie de l’accomplissement.

Courir sur les sentiers, les examiner presque pierre à pierre, me procure un sentiment inédit d’appartenance au lieu.

Les vitesses de progression étant relativement lentes, les images s’impriment avec plus de force dans mon esprit. Seul dans les montagnes, mes pensées et sensations se focalisent. Il n’y a plus que le sentier, l’espace qui s’agrandit à perte de vue, et moi. Le sentiment de vie est décuplé.